Les Acores suite et fin

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Nous décidons d’aller passer quelques jours sur l’île de Sao Jorge en compagnie de 2 bateaux copains : Gytan et Ia Orana. Nous nous retrouvons donc au port de Velas à 3 bateaux, 6 adultes et 9 enfants. Velas est un tout petit port situé en plein cœur de la ville d’une part et à flanc de falaise d’autre part. Nous tombons immédiatement sous le charme de ce petit port pittoresque. Quelques pas à peine suffisent à nous mener en plein cœur de la ville sur la place de l’église pavée de noire et blanc formant des motifs géométriques. L’église, elle aussi vêtue de noire et blanc, s’accorde parfaitement à l’harmonie du décor. Chaque heure et chaque demi-heure, le clocher retentissant fait vibrer tous les habitants par la puissance de son carillon.

En longeant le front de mer pendant 10min, nous arrivons aux piscines naturelles de la ville. Un espace agréable y a été aménagé permettant aux vacanciers de venir y étaler une serviette pour bronzer. Des marches ainsi qu’une rambarde ont été installées pour descendre se baigner dans un espace créé naturellement par la roche, protégeant les baigneurs de la houle puissante. Les plus petits barbottent sur les marches, les grands plongent des rochers. Une fois lassés de la baignade, ils se retrouvent pour une partie de foot sur le terrain de sable situé juste à côté. De retour à la marina c’est concours de pêche sur les pontons. Les plus petits munis d’épuisettes et de morceaux de pain gagnent sur la quantité tandis que les grands avec des lignes et hameçons pêchent de plus gros poissons.

Ensemble, nous décidons de louer des voitures pendant 2 jours afin de visiter l’île. En forme d’éclair au chocolat, Sao jorge nous surprend de ses paysages époustouflants. Nous commençons la journée en empruntant une route de crête, enfin plutôt un petit chemin de terre, surplombant l’île de part et d’autre. Tel des néréides, nous chevauchons un cachalot géant, remontant le long de son épine dorsale pouvant ainsi admirer les deux flancs de cette bête immense et majestueuse. Le paysage est verdoyant à souhait, des prairies d’herbe grasse s’étendent à nos pieds à perte de vue, séparées par de petits murets en pierre bien souvent couvert d’hortensias. La rondeur des cônes volcaniques donnent, tout en douceur, du relief au paysage.

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A perte de vue, des bovins paissent paisiblement. Des animaux vivant toute l’année au grand air, vous vous doutez bien qu’il n’en résulte que de bonnes choses. Tout d’abord le fromage, Sao Jorge est célèbre pour son délicieux fromage. D’ailleurs nous visitons même une fromagerie et repartons les bras chargés après être passés par la boutique de l’usine. Deuxièmement la viande de bœuf. Dans les boucheries, nous achetons de la viande locale délicieuse pour rien du tout ! Et encore mieux, elle est merveilleusement cuisinée dans de petites cantines.

En début d’après-midi nous descendons, le long d’un petit chemin bitumé entre des coulées de lave, jusqu’à d’impressionnantes piscines naturelles. Grace à une échelle de bain nous nous baignons dans une eau limpide et vivifiante. Le bassin situé au pied d’une immense falaise rocheuse rend l’expérience vertigineuse. On se sent tout petit face à cette beauté d’une violence envoutante.

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Après ces quelques jours passés à Sao Jorge, nous retournons sur l’île de Faial à Horta. De là, nous prenons un ferry pour nous rendre sur l’île juste en face : Pico. Depuis le temps qu’il nous nargue ce fameux pic, du haut de ses 2350m, nous allons enfin nous aussi pouvoir profiter de sa vue imprenable. Enfin si les nuages veulent bien nous laisser passer.

Nous partons en même temps que Bagatelle, un bateau copain. Dans le petit ferry nous conduisant à Pico nous prenons place à l’extérieur sur le flanc bâbord du navire. Dehors il y a un peu de houle et tous les passagers ont vite réquisitionnés les places à l’intérieur. Ce n’est tout de même pas un peu de houle qui va nous impressionner après tout ce que nous avons vécu sur nos voiliers ! Dès le début le ferry est pris de roulis ce qui n’est pas sans amuser les enfants. Plus nous approchons de Pico plus la houle grossie, le bateau tangue de plus en plus. J’entends même une touriste française demander à son voisin : « Tu crois qu’ils peuvent se renverser ces bateaux ? ». Déjà les vagues commencent à frapper les francs bords et nous éclabousser, les enfants jubilent. Les vagues s’engouffrent par les ouvertures ; à peine le temps de saisir nos sacs posés à terre que nous avons tous les pieds trempés. Et dire que pour une fois que nous avions troqués nos tongs contre nos chaussures, inutilisés depuis des mois, pensant bien faire !!! Les enfants eux ont trouvés refuge sur un siège et rigolent à chaque vague, nous voyant sauter pour essayer d’échapper au flot. A l’arrivée, en contrepartie de ces pieds trempés, nous aurons au moins bien rigolés.

L’une des curiosités de cette île est la culture de la vigne intégrée depuis 2004 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce paysage entièrement façonné par l’homme rend insolite la balade au cœur des vignes. En effet, cette île volcanique couverte de basalte ne laissait supposer un tel acharnement des hommes pour la rendre cultivable. Les Picarotos, ces surhommes, ont fracturés la roche à coup de pics et de masses pour y insérer des pieds de vignes. Quant à la maigre terre, sous ses amas de roches, lorsqu’elle venait à manquer était acheminée par bateau depuis Faial pour compléter. Des petits murets de ces pierres noires, formant des corrals, ont étés construits tout autour de ces seps pour les préserver du vent et des intempéries.
Le long de ces domaines atypiques, des résidences estivales construites à partir de roche volcanique elles aussi, arborent fièrement des drapeaux Américains ou Canadiens. Témoin de l’émigration importante de nombres d’Açoréens partis faire fortune en Amérique.

L’autre particularité de Pico vient de son importante industrie baleinière passée. En témoigne le musée régional des chasseurs de baleine et le centre d’arts et des sciences de la mer, construit dans l’ancienne usine de la baleine SIBIL. Autrefois, les hommes armés de harpons partaient en mer à bord d’une petite embarcation en bois affronter ses monstres des mers. Aujourd’hui la chasse à la baleine étant interdite les habitants profitent toujours du passage fréquent des cétacés aux Açores pour emmener des touristes en zodiac observer les cachalot et dauphins.

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Dernière escale aux Acores sur l’île de Terceira à Praïa da Vitoria. Encore une fois nous nous retrouvons à 4 bateaux copains. Les apéros vont bon train, les enfants profitent de la plage juste à coté de la marina. En plus commencent ici des fêtes dans toute la ville. Tous les soirs concerts jusqu’à 4h du mat… Une après-midi, nous prenons le bus pour aller assister à une tradition culturelle des Acores la Tourada. Il s’agit d’un lâché de taureaux dans la ville mais la particularité vient du fait que le taureaux est maintenu par une corde passée autour de son coup qu’une dizaine d’hommes tiennent pour éviter que le taureau ne charge la foule ou ne s’enfuie. Les habitant perchés sur des murets, des terrasses ou des remorques assistent au spectacle. Parfois à deux, l’un muni d’une cape rouge et l’autre d’un parapluie, les jeunes hommes défient la bête. La foule applaudie les exploits remarquables.

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Nous nous apprêtons ce soir à larguer les amarres pour notre dernière grande navigation. La météo à été longuement regardée et devrait nous être favorable jusqu’à notre arrivée en France aux Glénan. Nous repartons enchantés de cette dernière étape aux Açores. Nous y avons fait de merveilleuses rencontres, les paysages y sont magnifiques, la gastronomie délicieuse, les portugais simples et accueillants et la vie peu chère. Cet archipel perdu au milieu de l’atlantique a su préserver ses richesses et se tenir à l’écart du tourisme de masse. Une merveille à découvrir et redécouvrir encore.
Une dizaine de jours nous attendent… Rendez-vous de l’autre coté normalement, si tout se passe bien nous serons pile à l’heure aux Glénan le 18 Aout.

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