Vie tranquille à Horta

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Nous voici amarrés au célèbre port d’Horta. A quai, nous sommes le quatrième bateau à couple. Tous, comme nous, venus s’abriter d’un petit coup de vent passager. Sont présents des bateaux de nombreuses nationalités : Anglais, Américain, Allemand, Suédois, Néerlandais, Suisses, Portugais et Français qui représentent d’ailleurs la grande majorité.


Nous sommes ici au carrefour de nombreuses routes de navigateurs venus de toutes parts : Caraïbes, Pacifique en passant par Panama, Etats Unis, France, Espagne. Certains juste pour une courte escale technique, d’autres pour se reposer quelques jours avant de repartir et d’autres encore, comme nous, désireux de prendre leurs temps et découvrir les îles des Açores et leurs habitants. C’est également l’occasion pour nous de retrouver des bateaux copains et de faire la rencontre de quelques familles de la Promo 2017-2018 dont nous avions entendu parler sans avoir réussi à les croiser jusque-là. Etant toujours bons derniers, tous ces équipages étaient déjà bien avancés dans la remontée de l’arc Antillais alors que nous ne faisions qu’arriver à Grenade, tout au sud !!

Nous faisons ainsi la rencontre de :
 Gytan : Guillaume, Constance, Gaston, Ysé et Abel.
 Ia Orana : Amaury, Anne-laure, Aurore, Xavier, Maxime et Augustin.
 Dominao : Yann, Pauline sans leurs enfants déjà rentrés en France. « Ciné Searcus »
 Bagatelle : Grégoire, Brune, Adrien, Emile et Victor. Avec Véronique et Fred.
 Bellorch : Patrice, Anne, Maelle et Yvan.
 Frakass : Francis et Ramona.
 Tortuga : Géraldine, Vianney, Camila, Charlotte et Nacho. « Le Bato à film »
 Totoro : Aurélie, Manu, Siméon, Loïza.

Quelle ambiance sur le port d’Horta !

Les enfants courent d’un bateau à l’autre, se retrouvent pour une partie de foot sur l’esplanade du port rebaptisée « les ancres ». Les plus grands (13-14 ans) s’occupent des plus petits. Une bande de blondinets aux cheveux décolorés et le teint halé par le soleil jouent tous ensemble sans distinction d’âge, de taille ou de sexe, trop heureux de se retrouver et partager des moments ensemble. Pour nous, les adultes, c’est souvent autour d’un apéro que nous nous retrouvons pour échanger. Sur un bateau si nous ne sommes pas trop nombreux ou sur le quai s’il n’y a pas assez de place pour tout le monde. Chacun raconte son parcours, car si, comme nous, IMG_3215la plupart reviennent d’un « simple » tour de l’atlantique en un an, d’autre sont partis depuis plus longtemps (2-4-10 ans). C’est d’ailleurs un peu la règle de base entre des voyageurs qui se rencontrent, ils parlent voyages… Pas très original me direz-vous ! Une bonne occasion pour certains d’entre nous de repérer de futures escales potentielles : Cuba, los Roques, les San Blas, l’Amérique du sud, les canaux de Patagonie, les Etats Unis, New York, la Polynésie… Nous parlons aussi de l’avenir, pour presque tout le monde la prochaine escale sera la France où il faudra y reprendre nos vies terriennes !!

Je ne peux pas vous parler d’Horta sans vous parler de chez Peter : le célèbre bar fréquenté par tous les navigateurs depuis 1918. Ce bar faisait autrefois office de poste, d’assistance administrative et de bureau de change pour tous les IMG_3235marins de passage tel que Tabarly et bien d’autres encore. Aujourd’hui chez Peter ce n’est plus seulement un bar mais une rue entière avec boutique de souvenir, glacier, resto, Whale watching… Un vrai business visiblement florissant uniquement fréquenté par des touristes puisque indiqué dans tous les guides !! Nous n’y avons croisé aucun Portugais. Un soir nous nous risquons à y commander un snack. En guise de « soupe du jour » nous nous retrouvons face à un bol de de soupe Liebig en brique et les toasts sont tièdes voir froids. Pour entretenir le mythe et faire plus attraction à touristes qu’autre chose, chaque soir avant la fermeture sont diffusées des de chants de marins. Franchement, c’est décevant !!

En revanche une autre curiosité et tradition d’Horta est quant à elle toujours respectée, donnant un résultat vraiment époustouflant. Je veux parler des peintures présentent sur tous les quais et tous les murs de la marina. En effet, la tradition veut que chaque bateau en escale laisse une marque de son passage. La superstition pousse chacun à obéir à ce rituel par peur de se voir poursuivi par la malchance pour le reste de son voyage.

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Chaque année la marina se retrouve ainsi reléguée au statut de musée à ciel ouvert dont les œuvres éphémères se renouvellent sans cesse. Se côtoient des œuvres naïves, maladroites, originales voir même talentueuses. Quelle émotion d’arpenter ce quai foulé par déjà tant d’autres avant nous, car plus que des peintures, ce sont des tranches de vies, des voyages, des histoires qui nous sont racontées à travers ces pierres. Les plus anciennes encore visible dates de 1988, les plus récentes sont en cours de réalisation. Pour trouver une place où réaliser notre œuvre d’art, nous recouvrons d’autre peintures déjà abimés, écaillés par le temps et les intempéries. Ca y est, la marque de ZANZIBAR trône aujourd’hui fièrement au pied du château de la ville devenu aujourd’hui un restaurant de standing. Le rituel est accompli, le mauvais sort rejeté, Eole n’a qu’à bien se tenir notre part du marché est remplie !

Le coup de vent est passé depuis bien longtemps mais nous trainons encore quelques temps ici. C’est un bonheur de se réveiller chaque matin avec une vue incommensurable sur le mont Pico. Un volcan de l’ile juste en face, du même nom, culminant à 2351m. En fonction des jours et de l’humeur climatique, le mont se retrouve tour à tour coiffé d’une meringue, habillé d’un tutu, emmitouflé d’une longue écharpe blanche ou d’un grand manteau blanc. Un jour, on le vit même coiffé d’un voile dont la traine immense s’achevait en caressant les eaux. C’est devenu un jeu avec les enfants de découvrir chaque jour comment le mont est vêtu.

A 5min à pied de la marina, en traversant une ruelle entre deux collines nous arrivons sur la petite baie de Porto Pim abritant une belle plage de sable gris. Une des seules plages que nous ayons vus aux Açores. L’endroit idéal pour se baigner et pour que les enfants puissent se défouler. Bien que l’eau nous paraisse froide par rapport aux Antilles, elle reste agréable et surtout toujours plus chaude que chez nous en Bretagne !

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Pendant notre long séjour à Horta, voiçi le récit des quelques évènements et pas des moindres vécus pendant notre escale :

• Tout d’abord la coupe du monde, bien que nous soyons loin de chez nous, hors de question de maquer les matchs et surtout l’ambiance engendrée par tous les équipages français. Certains enfants d’autres équipages sont de vrais supporters chevronnés, ils connaissent tous les joueurs sur le bout des doigts et ne manquent pas de les encourager. Nous trouvons un bar dans la ville avec grand écran qui rediffuse tous les matchs et dans lequel nous prenons rapidement nos habitudes. Chaque fois, les enfants partent peinturlurés de bleu-blanc-rouge avec un drapeau flottant fièrement à bout de bras. Pour la finale, nous réservons même une table pour être sûr d’avoir de la place. L’ambiance est survoltée, les bières coulent à flot, il faut dire qu’à 1 euro le demi, on ne s’en prive pas. On à gagné, nous sommes champions du monde, tout le monde debout sur les tables nous chantons en cœur la Marseillaise, le bar man joue le jeu et enchaine avec tous les célèbres titres de circonstance : « we are the champion », « I Will survive » résonnent à fond et en boucle pendant à peu près 2h. Même un vieux « Ça plane pour moi » de Plastic Bertrand transportera la foule en liesse ! L’ambiance est survoltée, Gabin lui est épuisé et trouve le moyen de s’endormir sur un canapé en plein milieu du vacarme ! Le bar commence à se vider, pourtant personne ne veut se quitter et continuer dans cette ambiance joyeuse. Après tout on n’est pas tous les jours champions du monde ! Rapidement est organisé un apéro sur le quai où sont conviés les français et leurs sympathisants pour célébrer la victoire. A une heure avancée de la soirée Laurent tente une opération risquée : récupérer ses tongs restées dans l’annexe. C’était sans compter la marée basse. Manquant d’impulsion pour remonter sur le quai il tombe malencontreusement à l’eau pour le plus grand plaisir de l’assistance !

• Autre évènement pendant notre escale, nous avons le plaisir de faire la rencontre de 2 bateaux spectacle. Le premier : Ciné Searcus, une petite famille partie de Bretagne depuis maintenant 3 ans qui propose lors de ses escales des représentations cinématographiques. Des cours métrages entrecoupés de petites scénettes musicales et humoristiques. Le deuxième : Le Bato à film est un projet culturel monté par une jeune fille Géraldine. Elle revient d’un tour complet de l’Amérique du sud en ayant réalisé des cours métrages avec la participation d’artistes locaux rencontrés tout au long du parcours. Vous trouverez des explications plus claires et plus précises concernant ces deux bateaux sur leurs sites internet. En revanche nous apprenons que le We du 29/30 septembre aura lieu à Locmiquélic « le festival intergalactique des bateaux spectacles ». Une super occasion pour nous d’y retrouver plein de copains.

Les premiers bateaux commencent à partir après de grands adieux sur le quai. Heureusement d’autres arrivent encore. Pour nous pas question de repartir si tôt. Il nous reste encore tant de choses à découvrir aux Acores. Prochaines étapes : Pico et Sao Jorge.

Les Açores sont une véritable étape de voyage et non une simple escale vers le retour en France.

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Bien que nous profitions au maximum de ces îles fantastiques, nous commençons à prévoir notre retour vers la métropole. Nous envisageons d’arriver aux Glénan le Samedi 18 Août dans l’après-midi, à confirmer bien entendu en fonction des conditions météo, puis une entrée finale dans le port de Vannes le Samedi 25 Août vers 17h30 – 18h. Cette première boucle sera ainsi bouclée.

Nous sommes heureux à l’idée de retrouver nos amis et notre famille. Nous espérons vous retrouver sur ces deux étapes et célébrer ainsi nos retrouvailles.

D’ici là, quelques étapes sont tout de même devant nous. De nouvelles îles à découvrir, ici, aux Acores, des bateaux copains avec qui profiter de ces derniers moments de voyage, une navigation d’environ 1200Mn (soit 8 à 10 jours) pour revenir en Europe. Où atterrirons-nous de ce retour, Eole nous ne le dit pas encore, Scilly’s, Ouessant ? Avant de longer la Bretagne sud et retrouver notre jardin….

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2 comments on “Vie tranquille à Horta”

  1. Bérengère, tu pourras devenir écrivain. Quel talent tu as pour raconter votre voyage ! En tout cas, toujours autant de plaisir à vous lire et à partager votre quotidien grâce à ce blog. Normalement, nous serons sur le ponton du port de Vannes, le 25 août. Plein de bisous, Tata et Tonton.

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