La Dominique

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Nous ne ferons ici qu’un seul mouillage, celui de Portsmouth, qui est très venté et plutôt rouleur. Mais visiblement, c’est plus ou moins le cas de tous les autres mouillages de l’île.

En septembre dernier, en 2017, la Dominique a été fortement touchée par le cyclone Maria et l’île garde de nombreuses séquelles de ce passage dévastateur. Nous ne sommes pas encore descendus du bateau que nous pouvons déjà le constater. Certaines constructions sur la plage sont entièrement détruites, d’autres n’ont plus de toit, des palmiers sont couchés sur la plage et des pontons en bois complètement détruits. Si notre regard se porte un peu plus haut sur la végétation des montagnes, on peut observer un paysage quelque peu étrange sans toutefois comprendre pourquoi. Il s’agit d’une forêt ou plutôt ce qu’il en reste car nous mettrons un certain temps à réaliser qu’il ne reste que les troncs des arbres qui ont été entièrement étêtés par la puissance des vents.

A peine le temps de jeter l’ancre qu’un boat boy nous accoste. Il se prénomme Sam et parle couramment français, il nous propose immédiatement ses services de guide pour nous emmener en excursion sur l’ile ou pour remonter la rivière indienne à partir de cette même baie. Nous en profitons pour lui demander où nous devons nous rendre pour effectuer notre clearance.

Le lendemain matin, nous débarquons donc dans la ville pour aller réaliser ces démarches. Vu du centre de cette petite ville, le spectacle est désolant, 6 mois après le cyclone, de nombreuses maisons n’ont toujours pas de toit, d’autres n’ont plus rien de tout hormis un ou deux murs. Des fils électriques pendent partout le long des maisons et sur le trottoir, il nous faut régulièrement nous baisser pour les éviter. Des chantiers de reconstruction sont en cours de part et d’autre de la rue. Malgré tout l’ambiance est agréable les gens sont souriants et avenant envers nous. Nous prenons un taxi collectif pour nous rendre au poste de police. Pour accéder au bureau, nous devons contourner une très grande tente d’une ONG qui distribue des denrées alimentaires. À coté, des personnes munies d’un document officiel viennent récupérer des matériaux de construction.

De retour dans le centre-ville, nous trouvons une petite gargote pour manger. Pour moi ce sera soupe de poulet avec manioc, courge, patate douce et pour Laurent et les enfants, les mêmes légumes mais cette fois enveloppé dans une galette de blé qu’ils appellent rôti.

L’après-midi, nous partons en randonnée avec Sam, le guide, qui nous emmène au pied d’une immense cascade. Pendant le trajet, il nous présente toutes les plantes que nous croisons en chemin, nous les fait sentir et parfois gouter pour le plus grand plaisir des enfants qui se régalent de fraises des bois. Souvent nous marchons dans le lit de la rivière, une occasion que les enfants ne manquent pas pour nous éclabousser joyeusement.

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En voiture, alors que nous faisons route retour vers la baie du mouillage, nous passons devant une immense décharge dans laquelle ont été entassés toutes les tôles envolées pendant l’ouragan. Des décharges comme celle-là, il en existe de nombreuses sur l’île et visiblement certaines bien plus grandes. Presque tous les toits en tôle se sont envolés parfois projetés à plusieurs kilomètres de leur point de départ. Ici les vents ont atteint entre 340 et 400 km/h. En observant tous les dégâts encore bien présents et en écoutant les récits des personnes ayant vécu ces terribles moments, nous essayons d’imaginer ce qu’ont ressentis les Dominiquais pendant le passage de Maria et pourtant je suis persuadée que nous sommes encore bien loin de la réalité. De nombreuses personnes ont tout perdu, soit pendant le passage de l’ouragan, soit pendant les jours qui ont suivis lors des multiples pillages.

                Le lendemain, toujours accompagnés de notre guide Sam, nous partons à la découverte de la rivière indienne. Nous remontons cette rivière à la rame car c’est un parc national protégé dans lequel l’utilisation des moteurs est interdite. Cette rivière est bordée de mangrove et de quelques grands arbres ayant survécus. Nous passons devant les vestiges d’un des décors de pirate des caraïbes puis enfin arrivons à un ponton menant à un petit bar entouré d’un jardin tropical luxuriant.

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Nous sommes vraiment enchantés par cette escale, tant par les beaux paysages que par l’état d’esprit et l’accueil des locaux qui font tout pour reconstruire et relancer l’économie touristique.

La vie du bord continue paisiblement sur Zanzibar. Blanche réclame en permanence de pouvoir sauter de la jupe dans l’eau. Les enfants ont découvert un nouveau jeu à bord : grimper sur la bôme. Ils escaladent le mat en s’aidant des drisses reprisent en pied de mat puis se glissent dans le lazy bag pour jouer à cache-cache dans la voile. Du haut de leur perchoir on les entend crier : « toi, tu remontes l’ancre et moi je hisse la voile ». « C’est moi le capitaine et toi t’es le mousse parce que y’a qu’un capitaine à bord » Pour redescendre, ils rattrapent les drisses et s’y laissent glisser, le tout dans le plus simple appareil bien évidement !! De vrais petits sauvages vivant au grand air avec la soif de toujours découvrir de nouveaux endroits. Blanche nous a d’ailleurs affirmé qu’elle voulait faire le tour du monde mais en cata et pas en monocoque pour pouvoir sauter sur les trampolines.

                De notre côté nous avons enfin pris une décision concernant la Polynésie, ce ne sera pas pour cette année à bord du Zanzibar. Par contre ce n’est que partie remise, cette fois nous rentrerons mais certainement pour repartir un jour ou l’autre. Après tout Blanche nous l’a demandé et que ne ferions nous pas pour satisfaire nos petites têtes blondes !!

2 comments on “La Dominique”

  1. Merci de nous faire partager ces moments
    Ici, un de nos amis est originaire de la Dominique et il y possède toujours une bananeraie et encore de la famille ! Il nous a dit combien le pays est dévasté. Il y retourne 2 fois l an pour réparer les dégâts de sa maison . Biz

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  2. Coucou,
    J’avais gardé un très beau souvenir des paysages et de la végétation dominicaine, notamment de la rivière indienne, quel dommage pour la population qu’il y ait eu tant de dégâts !
    Des gros bisous,
    Anso

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