Rendez vous en terre Casamançaise !

9 commentaires

 

Apres 24h de mer, nous arrivons à l’approche de l’entrée du fleuve en ce 27 Octobre. S’il y a 10 ans de cela, il fallait suivre un pécheur pour trouver la bonne passe entre les bancs de sable, aujourd’hui l’entrée est très bien balisée par des bouées de chenal numérotées. La première de ces bouées, un peu plus au large, servant de repère, est même munie d’un signal AIS. La mer est très calme, pourtant de chaque côté du chenal, long d’environ 5 miles, des vagues déferlent sans discontinuer.

Juste après notre entrée, nous tournons à droite dans le premier bolon appelé bolon de kachouane. En compagnie de nos amis Belges (Benoit et Caroline), grâce à qui nous avons pris la décision de venir jusqu’ici, nous mouillons le long d’une magnifique plage de sable blanc. Juste le temps pour Laurent de mettre l’annexe à l’eau, pour moi de mettre les enfants en maillot et nous débarquons fouler de nos pieds ce sable si fin et si beau !! La plage n’est pas très large, quelques mètres seulement, des branches et troncs d’arbres déposés là au fil des marées subliment ce petit coin de paradis. Quelques palmiers nous permettent de trouver un abri ombragé. Juste derrière, c’est la forêt dense et humide, impénétrable. L’eau est trouble car très sableuse dans tout le fleuve mais cela ne nous empêche nullement de profiter de la baignade.

Nous ne nous attardons pas ici et continuons notre navigation jusqu’au village de Kachouane qui se trouve un peu plus loin sur la droite. Nous nous arrêtons devant chez Papys qui tient ici, les pieds dans l’eau, un restaurant et une auberge. Avec Benoit et Caroline nous descendons déguster un délicieux barracuda, fraichement pêché, servi traditionnellement avec du riz et des légumes. Un vrai délice !! Nous faisons la connaissance de Papys, en réalité prénommé Benoit (comme il porte le même prénom que son grand-père les gens l’appelle traditionnellement Papy, ainsi de la même manière on trouve souvent dans les villages un papy et une mami). L’endroit est magnifique, les pieds dans le sable blanc et fin, attablés à l’ombre d’un abri construit de bois et de paille, les enfants jouant à coté avec 5-6 petits africains, le temps semble ici suspendre sa course folle et s’écouler paisiblement au rythme des flots calmes et paisibles de ce fleuve Casamance.

Le lendemain nous partons découvrir le village. Nous ferons toute la visite accompagnée par une petite fille d’environ 2 ans qui, séduite par Gabin, ne veux plus lui lâcher la main. Tous les habitants nous saluent : « Kassoumaye », formule à laquelle il faut répondre : « Kassoumaye baré ». Il y a une dizaine de cases dans le village. Certaines sont construites de pierre avec un toit en tôle, d’autres, plus modestes, sont bâties en argile ou en branches tressées avec un toit de paille. Chaque habitation est délimitée par un enclos fabriqué de branches. Pour le plus grand plaisir des enfants, des animaux se baladent en liberté dans tout le village. Nous croisons des poules, des canards, des oies, des chèvres, des moutons, des cochons, des ânes et des vaches. Gabin nous réclame régulièrement de pouvoir en emmener un ou deux sur le bateau !!

Nous repartons direction Karabane, la plus grande île de Casamance. Nous mouillons devant la grande plage du village, là encore une magnifique plage de sable fin avec palmiers. A peine débarqué, des hommes et des enfants nous accueillent et nous aident à remonter l’annexe sur le sable. Une demi-heure plus tard, nous partons visiter le village, guidés par deux des enfants du restaurateur devant lequel nous avons laissé l’annexe. Ici le village est un peu plus grand, on y trouve des restaurants, un hôtel, des campements, des boutiques d’artisanat, une école avec primaire et collège et une grande Eglise qui attend d’être consacrée pour être utilisée. Partout, pour circuler dans le village, nous marchons sur du sable. Il n’y a ni électricité, ni eau courante. Chaque matin les femmes puisent l’eau nécessaire pour la journée et de petits panneaux solaires permettent d’allumer une lumière à la nuit tombée. Le week end de notre passage, nous avons la chance de participer à une fête traditionnelle. Ils fêtent les 20 ans de jumelage du village avec une ville française au rythme des djembés où les  femmes chantent et dansent.

Nous repartons, cette fois ci, nous enfoncer un peu plus dans les bolons, vers Ehidj et ainsi retrouver nos amis Benoit et Caroline. Nous partons à marée montante, les yeux rivés sur le sondeur en respectant scrupuleusement les indications fournies par Benoit car il y a beaucoup de bancs de sable qu’il faut absolument éviter au risque de se retrouver échoué. Un coup à gauche du fleuve puis au milieu puis à droite…. C’est bon nous sommes arrivés !

Au total, c’est 5 jours que nous passerons dans ce petit havre de paix. Ehidj est un petit village, construit sur une île où vivent 13 familles. Il y a une petite Eglise, la majorité des habitants sont Catholiques Animistes, d’autres sont musulmans, mais tous vivent en harmonie et respectent profondément la religion de l’autre. Il y a aussi une petite école, uniquement primaire, pour le collège les enfants sont envoyés sur une île voisine et ne reviennent qu’aux vacances chez leurs parents. Puis il y a « chez Léon », une auberge construite juste au-dessus de la plage, là encore nous pouvons profiter d’un beau sable fin et de baignades. Rapidement ce petit lieu sympathique devient notre QG. Nous venons y boire une bière, manger, discuter ou juste nous reposer à l’ombre dans cet endroit calme et paisible. Nous lions connaissance avec certaines personnes du village. Samba l’artiste, Madeleine la serveuse, Léon le propriétaire du campement, Jean-Paul le piroguier, Hyacinthe le chef cuisto, François le chef du village sans oublier les femmes : Rose, Odette et Nina. Tous possèdent un prénom Diola et un prénom français (plus facile à prononcer pour nous).

Si lors de notre arrivée nous ne sommes que deux bateaux, nous et les Belges, nous rejoignent les équipages de « Pouplier II » équipage parti de St lunaire avec 3 enfants puis « Calinago » rencontrés précédemment au Maroc puis à la Gomera. Tous réunis nous formons une joyeuse tribu. Une journée, nous partons en forêt, traverser l’île pour aller déjeuner dans un tout petit campement, ou pour nous accueillir, il a fallu tout apporter en pirogue. La balade est enchanteresse, à l’ombre de grands arbres dont je ne saurais vous citer les noms hormis le baobab, accompagnés par le chant des oiseaux aux couleurs chatoyantes, nous serpentons dans un bois luxuriant et humide. Les enfants, moins séduits par le paysage, se plaignent de la chaleur et rechignent à avancer. Heureusement, le repas à l’arrivée nous permet de les motiver et ils sont bien récompensés puisqu’au menu du jour, en plus du traditionnel riz-poisson, il y a des frites maison !!! Le retour se fait en pirogue, les enfants sont exténués et ne rechignent pas à aller faire une sieste en arrivant.

Le lendemain nous partons à Cap Skiring, grosse ville voisine, pour aller faire des courses. C’est tout une expédition car pour rallier cette ville, il nous faut d’abord faire 30 min en pirogue jusqu’à Katakalousse puis prendre un taxi qui

Marché de Cap skiring
Marché de Cap Skirring

nous emmène en 15min jusqu’à Cap Skiring qui est une ville très touristique puisqu’est implanté ici depuis de nombreuses années un Club Med ! Nous faisons le plein de légumes et de frais puis nous baladons le long des multiples échoppes de souvenirs. Je prends beaucoup de plaisir à flâner dans les nombreux magasins de tissus africains !! Encore une journée bien fatigante pour nos chérubins.

 

La journée suivante nous organisons un pique-nique sur l’île voisine que nous rallions en paddles et kayaks. Nous pagayons le long de la mangrove au rythme du courant, enfin les grands pagayent et les petits contemplent le paysage … Apres le déjeuner, Benoit resté sur son bateau vient me chercher en annexe. Il a besoin de mon aide, une femme s’est enfoncée un hameçon dans le doigt !! Nous sommes samedi après-midi et elle me dit que si elle va à l’hôpital d’Elinkin elle ne sera pas soignée avant lundi !! Bon ok, je vais devoir m’improviser chirurgien et faire avec les moyens du bord. Avec Benoit et Caroline en assistants tout se passe pour le mieux, l’hameçon est retiré et la femme ravie d’avoir été soignée si rapidement. Pour nous remercier le mari nous invite le soir même à diner chez Léon.

Les journées se suivent, petit à petit nous prenons le rythme Sénégalais, jamais pressés, nous apprenons à vivre pleinement le moment présent. Je continue de faire l’école à Blanche qui progresse de jours en jours. Laurent en profite pour aller faire une balade en paddle avec Gabin et pénétrer dans la mangrove à la découverte des rizières. L’après-midi les enfants se baignent et jouent sur la plage.

Le jour de la toussaint nous nous rendons dans le cimetière situé sur l’île voisine assister à la messe. La célébration est en Français, le prêtre est un missionnaire italien et les chants sont à moitié en français, à moitié en Diola. Un autel est improvisé sur une petite table apportée par des voisins et nous sommes assis sur de petits bancs les pieds dans le sable. L’eau bénite est disposée dans un seau en plastique et des feuilles de palmier permettent au prêtre de nous bénir. La messe est belle et les habitants sont ravis que nous partagions ces moments avec eux.

Messe de la tousaint

Déjà 5 jours que nous sommes ici, que le temps passe vite ! Demain nous prévoyons de partir en direction de Niomoune, un village situé de l’autre côté du fleuve. Pour fêter la venue de 4 voiliers chez lui, Léon organise une petite soirée en notre honneur. Nous sommes tous invités à diner et pour cela il a tuer un cochon qu’il prépare depuis le matin. Nous mangeons tous ensemble, à même le plat, l’excellent cochon grillé accompagné de riz et d’oignons. Pour continuer la soirée un feu est allumé sur la plage autour duquel sont disposés des bancs. Les hommes jouent du djembé, les femmes dansent et chantent et tous boivent du « bounouk », vin de palme récolté sur l’île. Les langues se délient et nous prenons plaisir à découvrir les histoires de chacun. Par contre, nous leur laissons volontiers le vin de palme qui pour nous est vraiment infecte !! Avant de partir nous sommes chacun rebaptisés d’un prénom diola, Laurent devient « Anounouken » signifiant grand arbre et moi « Diandian » signifiant belle dame. Nous partons encore une fois le cœur gros de quitter de nouveaux amis, mais avec la soif toujours insatiable de découvrir de nouveaux endroits.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

9 comments on “Rendez vous en terre Casamançaise !”

  1. C’est passionnant de lire le récit de votre voyage. Je me régale et Bérengère, tu as vraiment un talent de narratrice. Cela rend votre voyage, votre périple tellement vivant. On a l’impression d’y être un petit peu. C’est fantastique de vous imaginer si loin et en même temps, toutes ces photos vous gardent tout près de nous. C’est top de découvrir l’Afrique et sa chaleur quand ici, l’automne avance. Je vous embrasse tous très fort. Tata

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Tata. On pense particulièrement a toi ce soir alors que nous sommes en train de preparer des galettes grâce a ta super recette ! J’ai trouvé du beau jambon dans une supérette proche d’ici (il fallait quand meme en avoir envie pour le trouver…). Ce soir donc au menu, jambon œuf fromage ! Fantastique. C’est en preparant ces galettes que nous decouvrons ton message. On espère que vous allez tous bien. Température a bord en ce moment, 31,7°. Les enfants se sont baignés tout a l’heure dans une eau a 28. Une année sans hiver, ca a son charme. Bises a tous.

      J'aime

  2. Je renouvelle, cette fois-ci par écrit, mes félicitations pour votre site, la grande qualité de la narration, des films et photos ainsi que les conseils bienvenus du Capitaine. Continuez à profiter pleinement de tous ces petits coins de paradis et bon vent pour la suite de votre périple. J’ai bien évidemment inscrit votre site parmi mes favoris pour y revenir facilement et suivre votre route. Kenavo (je ne sais pas comment on dit en Breton « à bientôt j’espère ! »
    )

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s