Arrivée en Afrique

One comment

5h du mat, Samedi 21 Octobre, nous arrivons à l’approche de Dakar après 6 jours et demi passés en mer. Laurent veille déjà depuis un moment à cause des nombreuses pirogues, filets et casiers. Il me réveille, il fait encore nuit, une nuit d’encre, une nuit sans lune.

Il va falloir être prudent en approchant entre les nombreuses pirogues mal ou pas éclairées et les filets dérivants. Il fait toujours aussi chaud ! Dans le bateau le thermomètre indique 34°C. Des effluves commences à nous parvenir de la terre. On ne peut pas dire que ce soit très agréable, ca sent le chaud, l’humide, avec des odeurs de poissons…

Nous entrons dans la baie de Dakar et nous dirigeons (grâce aux indications précieuses des personnes rencontrées) vers ce qui nous parait être le bon endroit. Il fait nuit noire. Ca y est, nous apercevons d’autres voiliers au mouillage, nous y sommes ! Impossible de retourner dormir malgré la fatigue, nous sommes trop excités de découvrir ce nouveau pays.

P_20171022_173548

Première activité : Installation de toues les moustiquaires sur les hublots et panneaux de pont fabriqués précédemment aux canaries).

Laurent de son côté tente de joindre à la vhf le CVD, Cercle de Voile de Dakar, car il y a parait-il, une embarcation assurant les transferts des bateaux à la plage. 8h, pas de réponse, 9h pas de réponse. Bon, il va falloir regonfler l’annexe qui avait été mise sur le pont avant pour la traversée et la mettre à l’eau. Entre temps, le soleil s’est levé nous avons pu profiter du paysage alentour. Nous sommes environ une vingtaine de voiliers au mouillage, certains semblant être la depuis un certain temps déjà !

Il y a aussi quelques grandes pirogues de pêcheurs, peintes de couleurs vives sur lesquelles sont perchées des aigrettes blanches et autres oiseaux marins. De la côte, nous pouvons voir une grande plage surplombée de palmiers cachant de nombreuses habitations.

Plus a droite, la plage est envahie de pirogues de pêcheurs venus là vendre leurs poissons. C’est la criée du matin. L’endroit semble plutôt joli hormis l’eau qui prend ici des teintes verdâtres à marron et où flotte de nombreux déchets. Dommage mais ici ce sera sans baignades ni vaisselle à l’eau de mer !!

L’annexe est gonflée, nous pouvons tous descendre à terre. Enfin !! Nous nous rapprochons de la plage. Un petit ponton en bois de fabrication artisanal est là pour amarrer les annexes. Nous empruntons les 50m de long pour arriver sur la plage. Le joli sable blanc est jonché de débris en tout genre. Pneus, sacs, bouteilles en plastique, bidons, cannetes, juste en descendant du ponton, il y a même un tas d’ordures, à moitié brulé qui fume encore. Des épaves de bateaux ont été déposées là, d’autres sont en réparation. Malgré tout ce fourbi, ayant déblayé quelques débris pour s’aménagé un terrain, de jeunes sénégalais jouent au foot sous le soleil cuisant. A peine débarqué, des pêcheurs assis à l’ombre des palmiers nous souhaitent la bienvenue et nous indiquent l’entrée de cercle de voile. Partout des sourires bienveillants et chaleureux nous accueillent.

Nous nous retrouvons dans un grand espace à l’ombre des grands arbres, le point central du centre n’étant nul autre que le bar où chacun aime à se retrouver le soir autour d’une bière pour parler de son parcours et de ses voyages. Y règne une ambiance conviviale, de partage et d’échanges où se croisent les voyageurs en transit, les français restés sur place, des étrangers de passage. Aussi gravitent ici un certain nombre de sénégalais essayant de gagner un peu d’argent. Mama nougat vend du nougat, Mama légume des légumes, Mama tissus confectionne des vêtements sur mesure, Mama lessive lave le linge, et il y a aussi des mécaniciens, un réparateur voile, et Momo, proposant des services en tout genre comme par exemple : remplir les bouteilles de gaz, ravitailler le bateau en eau et en gasoil, tout par bidonnage, nous préparer une grillade de poissons, acheter une carte de téléphone ou encore livrer des pizzas. Bref, une perle ce Momo, dont l’aide précieuse nous aura permis de gagner beaucoup de temps.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Si nous faisons escale à Dakar, ce n’est pas pour l’attrait touristique de la ville mais tout d’abord pour effectuer des démarches administratives qui ne peuvent se faire qu’ici pour entrer sur le territoire sénégalais.

Nous devons donc passer à la police du port pour présenter nos passeports, puis nous rendre à la douane pour demander un passavant nous permettant de rester un mois au Sénégal avec le bateau. Toutes nos démarches s’effectuent sans accroc même si parfois, la bureaucratie sénégalaise nous fait bien sourire. La photocopieuse est en panne (il y a 3 ans c’était déjà le cas). Les tas de dossiers papiers sont entassés dans un coin du bureau et commencent à moisir avec l’humidité.

Notre escale à Dakar est aussi l’occasion de passer à l’institut pasteur pour nous faire vacciner contre la fièvre jaune, vaccin que nous n’avions pas fait avant notre départ puisque nous n’envisagions pas de venir au Sénégal. Pour nous déplacer, il faut chaque fois prendre un taxi, si certains sont assez « propres » et en « bon état », ce n’est pas le cas de tous. Carrosserie défoncée, portière qui ne ferme plus, siège non fixé, fenêtre cassée, ici les R18, Peugeot 405 et R21 ont toutes une nouvelle vie loin des normes européennes.

 

Nous ne sommes pas particulièrement séduit par la ville de Dakar qui est sale, polluée et très encombrée. Ici, le toubab, nom donné aux touristes, n’est autre qu’un porte monnaie bien rempli à qui on essaie de vendre le plus cher possible tout et n’importe quoi. En revanche, nous prenons le ferry pour nous rendre sur l’île de Gorée, située juste en face. Cette petite ile chargée d’histoire, et certes touristique, mais belle, propre et joliment fleurie. L’eau y est claire et nous pouvons même nous y baigner. L’endroit est si beau et paisible que l’on a peine à croire que c’est d’ici que sont partis des milliers d’esclaves, entassés comme des bêtes dans les fonds de cale de frégates battant pavillons français, anglais ou portugais pour être vendus sur les places publiques au plus offrant.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Nous visitons la maison des esclaves datant de la période coloniale, aujourd’hui transformée en musée. C’est ici même qu’en 1992, le Pape Jean Paul II est venu demandé pardon, au nom de l’Eglise, pour les crimes de l’esclavage.

Après 5 jours d’escale, nous partons le Jeudi 26 Octobre en direction du fleuve Casamance accompagné du catamaran Vaga.

P_20171024_104236
Chargement d’eau et de gaz, merci Momo pour ton aide.

1 comments on “Arrivée en Afrique”

  1. Bravo pour ces textes et photos de qualité. Je me demandais à quoi pouvait ressembler une escale à Dakar en voilier et j’ai ma réponse, merci ;). Maintenant on attend des nouvelles de la Casamance. J’espère que vous vous acclimaterez vite aux hautes température du pays, par chez nous c’est l’inverse, il fait de plus en plus froid. Bises à vous tous – Guillaume.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s